HOMMAGE AUX AVIATRICES       

      

 

Maryse Hilsz


Aviatrice française et parachutiste (Levallois-Perret, 1901 - Moulin-des-Ponts, Ain, 1946), elle effectua de nombreux raids, notamment Paris-Tananarive-Paris en 1932 puis Paris-Tokyo-Paris en 1934. Elle battit, à plusieurs reprises, des records d'altitude

Des risques insensés, des blessures, des atterrissages forcés, une mort cent fois narguée jusqu'à l'accident final de 1946 en service commandé : de raids intercontinentaux en records mondiaux d'altitude, Maryse Hilsz, résistante au sein du réseau Buckmaster, première femme à porter l'uniforme de l'armée de l'air, demeure la plus célèbre aviatrice d'avant-guerre.

Née avec le siècle, en 1901, issue d'une famille modeste qui avait quitté l'Alsace pour rester française, apprentie modiste en banlieue parisienne, elle découvre l'aviation de son balcon de Levallois-Perret en suivant du regard, le soir, les appareils militaires de Villacoublay qui regagnent leur base du Bourget. Sans diplôme, sans relations et naturellement sans argent, elle se lance dans l'acrobatie parachutiste, pour financer son brevet de pilote.

Dès qu'elle s'envole, les exploits s'accumulent. Impétueuse, franche et forte en gueule, ne respectant que le talent et le courage, Maryse s'impose comme héroïne dans un univers d'hommes. Celle qui est encore aujourd'hui la femme " la plus haute " de l'histoire de l'aviation à hélices aura été, avant tout et surtout, avec des années d'avance, une femme de notre temps, au destin libre, exemplaire et éclairant.

 

Marie Marvingt

"La fiancée du danger " était la femme la plus décorée de France - détentrice de 34 médailles et décorations de France et d'ailleurs. En plus des précitées, elle détenait la Croix de Guerre 1914 -1918 avec palmes, les Palmes Académiques ; la Médaille de l'Aéronautique; la Médaille de la Paix du Maroc.

Elle était infirmière diplômée et assistante en chirurgie. Journaliste, elle écrivait sur l'aviation, les sports, et les personnalités. Elle était brillante cavalière, maniait poids et haltères, pratiquait la boxe, la lutte, le jiu-jitsu, le judo, le karaté, le tennis, le golf, le billard, le water-polo et le polo à cheval, le hockey, le base-ball, le football, pratiquait aussi le canot automobile, le vol à voile, l'aéroplane, et maniait avec succès le sabre, l'épée et le fleuret...

Seule femme au monde détentrice de quatre brevets : avion, ballon, hydravion, hélicoptère ; elle pilotait également des dirigeables.

Elle parla 5 langues et étudiait le droit et la médecine. A aussi étudié la tragédie, le chant, le dessin, la peinture, la sculpture, les danses anciennes et modernes, et la cuisine pour laquelle elle reçut un prix ; pratiqua l'hypnotisme, la graphologie, la chiromancie, l'astrologie, la phrénologie, la physiognomonie, la géodésie, la taxidermie, la météorologie, la psychologie, la topographie, l'océanographie etc...

On la décrivait comme " la femme la plus incroyable depuis Jeanne d'Arc " et " la plus grande sportive du siècle ".

 

Maryse Bastié

                              Maryse Bastié et Suzanne Zilber

Maryse Bastié (Limoges, 27 février 1898 - Lyon, 6 juillet 1952)
Née Maryse Bombec, elle est ouvrière dans une usine de chaussure puis piqueuse sur machine.
Elle épouse Louis Bastié en 1917.
Le 29 septembre 1925, elle obtient son brevet de pilote et le 29 juillet 1929, elle établit au Bourget, à bord d’un Caudron 109, le record féminin de durée en vol (26h47), qu’elle porte à 38 heures le 2 septembre 1930.

En 1931, à bord d’un ‘Klemme’ de 40 chevaux, elle s’envole pour l’union soviétique. Après 24 heures de vol, elle est au-dessus de Moscou, mais se trouve prise dans une tempête. Elle résistera dans son ‘avion-torpédo’ 6 heures et réussira à se poser dans un champ, prés d’un village.

Le 30 décembre 1936, Maryse Bastié s’attaque à la traversée de l’Atlantique sud ; partie de Dakar, elle parviendra à Natal, ville sur la côte du Brésil.

Elle travaillait au réseau Darius ; et ses nombreux exploits dont 10 records internationaux de distance et de durée, lui valent d’être faite, à la libération, commandeur de la Légion d’Honneur.
Alors qu’elle oeuvrait au Centre d’essais en vol, elle se tue accidentellement à Lyon, au cours d’un meeting aérien.

 


Hélène Boucher



Hélène Boucher (1908 - 1934) se destine à la carrière d'interprète lorsqu'un ami, officier d'aviation, lui donne le baptême de l'air. Elle décide alors de devenir aviatrice et, à 21 ANS, relie en solitaire Paris à Saigon.

Brillant pilote, Hélène bat de nombreux records, dont celui d'altitude. En 1934, elle s'attaque au record du monde de vitesse féminin. Le 8 août, elle décolle du terrain d'Istres et bat le record toutes catégories des 1.000 kilomètres. "On peut faire mieux !" dit-elle en descendant de son avion.

Le 10 août, elle repart avec l'intention d'améliorer la performance de la Britannique Mrs. Haizlip, qui est de 405,320 kilomètres à l'heure sur 3 kilomètres. Elle réussit avec 428,223 kilomètres. "Ce n'est pas suffisant, J'ai été gênée par la mauvaise visibilité. Je recommencerai demain !" déclare-t-elle.

Elle refuse de laisser homologuer son record. Le lendemain, à la moyenne de 444,835 kilomètres à l'heure, effarante pour l'époque, elle devient championne du monde toutes catégories. Elle meurt dans un accident d'avion, 3 mois après.

 

Amélia Earhart

Amélia Earhart (1897-1937) : La première femme à traverser l’Atlantique
Née en 1907 dans le Kansas, Amélia fut vite conquise par l’aviation. Elle suit des cours de pilotage et achète un Kinner Airstar, qu’elle nomma « Canary ». En octobre 1922, l’américaine bat le record féminin d’altitudes à 14 000 pieds (4 270 m). Elle intègre ensuite la National Aéronautic Association et se charge de promouvoir le vol au féminin. Sa carrière bascule le 27 avril 1926 lorsque le capitaine Railey demande si elle souhaite être la première femme à traverser l’Atlantique en avion. Depuis le vol de Lindbergh en 1927, personne n’avait effectué de traversée en solitaire.
Le 20 mai 1932, exactement cinq ans après le vol du «Spirit Of Saint-Louis », « Lady Lindy » comme la surnomme le capitaine Railey décolle de Terre-Neuve à bord du Lockheed Vega. Rencontrant des temps terribles Amélia réussit à se poser dans un champ prés de Londonderry, au nord de l'Irlande mais en panne de carburant, elle ne pu poursuivre son vol jusqu’à Paris. Elle devient ainsi la première femme à traverser l’Atlantique.
Après avoir réalisé de nombreuses traversées, « Lady Lindy » et l’irlandais Fred Noonan disparaissent sans laisser aucune trace, le 18 juillet 1937 dans l’Océan Pacifique, en essayant de « boucler » le premier tour du monde en avion. Des hypothèses sont encore avancées aujourd’hui : Earhart et Noonan auraient été chargés de photographier des sites militaires secrets au Japon et auraient été abattus par la D.C.A japonaise.
 

 

Jacqueline Auriol

Née le 5 novembre 1917 à Challans (Vendée), la jeune Jacqueline Douet poursuit ses études secondaires à l'institut Blanche de Castille de Nantes puis des études supérieures sur l'histoire de l'art à l'Ecole du Louvre. Belle-fille de Vincent Auriol, président de la République de 1947 à 1954, mère de deux enfants, Jacqueline Auriol renonce aux paillettes et à la vie mondaine qu'elle qualifie d'insupportables.
Elle devient alors aviatrice et entreprend l'apprentissage du pilotage (sur Stampe) sur le petit aérodrome de Saint-Cyr. Elle est formée par Jacques André qui est un ancien du "Normandie-Niemen". Le 10 mars 1948, elle obtient la licence n° 18754.
Elle veut prouver qu'elle peut faire ce que les hommes ont du mal à accomplir : la voltige. Après un an d'entraînement intensif avec son ami Raymond Guillaume, moniteur chez Morane-Saulnier, elle exécute, le 4 juillet 1949, sa première démonstration lors d'un meeting à Auxerre avec seulement 464 heures de vol !
Le 11 juillet 1949, le drame survient : elle est victime d'un terrible accident d'hydravion. Pendant deux ans, elle va subir 22 opérations chirurgicales très douloureuses.
Elle revient en France avec son sourire et son brevet de pilote d'hélicoptère qu'elle a passé aux Etats-Unis.
Vers la fin 1950, elle souhaite devenir pilote professionnel et entrer au centre d'essais en vol de Brétigny-sur-Orge (CEV). Pour cela, il faut qu'elle accomplisse un exploit retentissant dans le milieu aéronautique pour aboutir à ses fins. Le général Lechères, alors chef d'état-major de l'armée de l'air, met à sa disposition un Vampire. Son ami de toujours, Raymond Guillaume, lui fait suivre un entraînement sur Morane 472.
Le record de vitesse sur 100 km en circuit fermé est détenu depuis 1947, c'est-à-dire quatre ans, par l'américaine Jacqueline Cochran avec 765,688 km/h.
Le 11 mai 1951, le jour tant attendu arrive. Il est 17 h 55, Jacqueline Auriol s'envole à bord de son Vampire de la base d'Istres. Elle effectue les 100 km en 7 minutes et 20 secondes, soit 818,181 km/h de moyenne. Elle devient alors la femme la plus rapide du monde !
Le 18 mai 1953, Jacqueline Cochran atteint la vitesse de 1 050 km/h sur F-86 Sabre.
Mais elle n'a même pas le temps de savourer sa victoire car Jacqueline Auriol devient la première femme à passer le mur du son le 15 août 1953.
A la suite de cet exploit, elle souhaite devenir pilote d'essais. Elle passe le concours de l'EPNER et elle est reçue. Un ans plus tard Jacqueline Auriol devient la première femme brevetée pilote d'essais (brevet n 176).
Elle vole à 1 151 km/h avec un Mystère IV N le 31 mai 1955.
Le 7 avril 1961, l'Américaine porte le record à 1 262 km/h sur T-38 Talon.
La française réplique avec 1 848 km/h.
Et un an plus tard, jour pour jour, elle atteint deux fois le mur du son à 2 038 km/h sur Mirage III.
Une fois de plus, l'Américaine porte le record encore plus haut avec 2 097 km/h sur F-104.

En vingt ans de carrière Jacqueline Auriol a totalisé plus de 5 000 heures de vol dont 2 000 en tant que pilote d'essais et a piloté plus de 150 avions.

Elle s'est éteinte le 11 février 2000 à l'âge de 83 ans. Cette petite femme aux cheveux bouclés a ouvert une voie que personne n'a suivit......pour l'instant !!!

 

Dorine Bourneton

« Paraplégique depuis l'age de 16 ans suite à un accident d'avion, j'ai pu renaître et surmonter mon handicap le jour où j'ai repris les commandes, grâce à ma passion du vol. J'ai alors effectué ce Tour de France trois années de suite en tant que pilote, puis en 2004.

Aujourd'hui, je veux suivre cette aventure de plus près, être au contact des enfants en élaborant un projet éducatif commun sur trois mois, et proposer mon aide aux Chevaliers du Ciel pour organiser l'étape des Mureaux qui, le jour J, donnera à ces enfants la récompense tant attendue : un baptême de l'air.

Pilote handicapée, j'oeuvre aux côtés de mes 3 amis pilotes paraplégiques, Guillaume Féral, Claude Maltese et Philippe Carette depuis plusieurs années pour donner une autre image du handicap :
- en apportant nos témoignages dans les écoles et collèges pour que nous apprenions à vivre tous ensemble et à mieux nous connaître ;
- en reprenant le chemin des hôpitaux et des centres de rééducation pour, à notre tour, tendre la main aux personnes récemment accidentées ;
- en effectuant des baptêmes de l'air ou des vols d'initiation à bord d'avions d'aéroclub afin de retrouver une forme de liberté dans la troisième dimension ;
- en aidant d'autres associations à faire aboutir leurs propres projets en faveur de l'enfance et du handicap, comme ceux que se sont fixés les Chevaliers du Ciel.

Si nous consentons à un tel effort pour ces enfants cabossés par la maladie, le handicap ou leur origine sociale, c'est pour lire dans leurs yeux tout le bonheur que leur procureront ces instants de liberté. Aussi, parce qu'ils nous ressemblent. »

Dorine Bourneton.
 

 

Caroline Aigle

Je voulais rendre un hommage particulier à Caroline pour le geste d'amour qu'elle a eu pour son enfant...

Originaire de Bergerac en Dordogne, née à Montauban, elle a très jeune parcouru une bonne partie de l'Afrique où son père a servi comme médecin militaire, avant de rejoindre à 14 ans le Lycée militaire de Saint-Cyr où elle reste jusqu'en classe de terminale. Elle effectue ensuite sa préparation aux Grandes Écoles au Prytanée national militaire de La Flèche (Mathématiques supérieures et Mathématiques spéciales) avant d'être admise en 1994 à la fois à l'ENSIETA, à l'École normale supérieure (rue d'Ulm) et à l'École Polytechnique, promotion 1994, qu'elle décide d'intégrer. Les élèves servant sous statut militaire, elle effectue son service militaire obligatoire (1994-1995) au 13e bataillon de chasseurs alpins. Pendant ses études, elle décide de servir dans l'armée de l'air. En septembre 1997, elle intègre donc celle-ci et débute sa formation au pilotage en ralliant la "division des vols" qui correspond à la 3e et dernière année de l'École de l'air.

Le 28 mai 1999, elle devient la première française brevetée pilote de chasse, et reçoit son « macaron » des mains du général d'armée aérienne Jean Rannou, chef d'état-major de l'armée de l'air.

Elle est affectée sur Mirage 2000-5 à l'Escadron de chasse 2/2 Côte-d'Or à la BA102 de Dijon en 2000, puis devient commandant d'escadrille à partir de 2005.

En septembre 2006 elle est affectée à la « Sécurité des vols » du Commandement des forces aériennes de la BA 128 de Metz.

Caroline Aigle était aussi une sportive accomplie, championne de France militaire de triathlon 1997, championne du monde militaire de triathlon par équipe 1997 et vice-championne du monde militaire de triathlon par équipe 1999. Elle pratiquait également une autre de ses passions, la chute libre, le parachutisme d'une manière générale.

Elle décède le 21 août 2007 agée de 32 ans d'un cancer foudroyant décelé quelques mois avant sa disparition. Elle totalisait près de 1 600 heures de vol. Elle était mariée et mère de deux enfants, dont Gabriel. Elle a appris sa maladie alors qu'elle était enceinte. Contre l'avis des médecins qui lui conseillaient de ne pas garder l'enfant pour préserver au mieux sa santé, elle a laissé un très beau témoignage d'amour en choisissant avec son époux de se battre aussi pour lui. Gabriel est ainsi né par césarienne à cinq mois et demi, Caroline décédait quelques jours plus tard.