Louis Blériot
Comment j'ai
traversé la Manche ? "
« …Pendant une dizaine de minutes, je suis resté seul, isolé, perdu
au milieu de la mer immense, ne voyant aucun point à l’horizon, ne
percevant aucun bateau…
Ces dix minutes me parurent longues et vraiment je fus heureux
d’apercevoir vers l’ouest une ligne grise qui se détachait de la mer
et qui grossissait à vue d’œil. Nul doute, c’était la côte
Anglaise. J’étais presque sauvé.
Mais le vent et la brume me prennent. Je dois lutter avec mes
mains, avec mes yeux. Mon appareil obéit docilement à ma pensée. Je le
dirige vers la falaise, cependant que je ne vois plus Douvres. Ah !
diable ! Ou suis-je donc ? Trois bateaux s’offrent à ma vue. Des
remorqueurs, des paquebot ? Peu importe ! Ils paraissent se diriger
vers un port. Je les suis tranquillement. Des marins, des matelots
m’envoient des hourras enthousiastes. J’ai presque envie de leur
demander la route de Douvres. Hélas ! je ne parle pas Anglais.
Je longe la falaise du nord au sud, mais le vent, contre lequel je
lutte, reprend de plus belle. Une anfractuosité de la côte se
présente à ma droite, un peu avant le château de Douvres. Une joie
folle s’empare de moi. Je m’y dirige, je m’y précipite. Je suis au
dessus de la terre ! J’en éprouve à nouveau une douce émotion. Mais
sur le sol un homme agite désespérément un drapeau tricolore. Je
viens vers la terre et j’aperçois le rédacteur du Matin, le bon
Fontaine qui seul, dans la grande plaine, s’égosille. Ah ! Le brave
garçon !
Le vol avait duré trente trois minutes : c’était suffisant. Au
risque de tout casser, je coupe l’allumage. Et maintenant, au petit
bonheur !
Le châssis se reçoit un peu mal, il se casse un peu. Ma foi tant
pis, je venais de traverser la Manche… »
Louis Blériot
Né le 1er Juillet 1872, Louis Blériot commença par gagner un peu
d'argent dans l'industrie automobile, en inventant et en vendant des
phares et autres accessoires. Puis il s'intéressa à l'aviation,
d'abord en effectuant quelques vols planés au moyen de planeurs
au-dessus de la Seine avant de passer à la construction d'appareils
motorisés.
Le journal londonien "Daily Mail" offrait une prime de 1 000 livres
pour le vainqueur de la Manche par la voie des airs. Le 19 Juillet
1909, Hubert Latham s'attaqua à cette tentative, mais du abandonner
suite à un problème de moteur. Blériot, lui, avait établi son camp
de base près de Calais et attendait une amélioration des conditions
météorologiques afin de tenter la traversée.
Celle-ci survint le 25 Juillet 1909, et il décolla à 4H35 à bord de
son appareil numéro XI. Il effectua tout le vol sans instruments, et
se posa 37 minutes plus tard près du Château de Douvres, après avoir
parcouru près de 48 kilomètres soit 7 de plus que prévu, afin de
bénéficier de vents favorables.
Cet exploit eut un impact considérable en Angleterre : en effet, la
perfide Albion pouvait être atteinte autrement que par la mer !
Pendant la première Guerre Mondiale, il construisit différents types
d'appareils qui équipèrent notamment certaines unités de l'Armée
française.
Il mourut le 2 Août 1936.
Charles Lindbergh |
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Sa jeunesse
Fils d'immigrants suédois, Lindbergh a grandi dans le Minnesota. Son père
était avocat et, membre du Congrès américain, opposé à l'entrée en guerre
des États-Unis en 1917; sa mère enseignait la chimie. Passionné
d'aviation, il abandonna en 1922 ses études de construction mécanique,
passa le brevet de pilote et s'acheta un petit avion qu'il répara pour
proposer des baptêmes de l'air.
La traversée de l'Atlantique
Après s'être entraîné avec les pilotes militaires américains, il travailla
comme pilote de l'aéropostale dans les années 1920. Il acquit une renommée
internationale en devenant le premier pilote à traverser l'océan
Atlantique au cours d'un vol en solitaire et sans escale, reliant New York
à Paris le Bourget les 20 et 21 mai 1927, en 33h 30mn, à bord de son avion
The Spirit of Saint Louis, spécialement conçu pour l'occasion. Cet exploit
lui valut le prix Orteig de 25 000$. Son statut fut tel qu'après sa
traversée, il devint un interlocuteur important pour toutes les questions
aéronavales jusqu'à sa mort. Il officia dans de nombreux comités nationaux
et internationaux, dont le comité central du National Advisory Committee
for Aeronautics aux États-Unis. Le 21 mars 1928, il se vit décoré de la
Médaille d'honneur du Congrès.
Kidnapping du bébé Lindbergh
Marié en 1929, Lindbergh eut six enfants. Hélas, l'aîné fut kidnappé le
1er mars 1932 et retrouvé mort le 12 mai malgré le paiement d'une rançon.
De l'avis de son entourage, Lindbergh ne fut plus le même homme à dater du
meurtre, désespérant de l'humanité et montrant une sympathie de plus en
plus ouverte pour les régimes autoritaires.
Lindbergh et les forces de l'Axe
Fatigués d'être sous les projecteurs et toujours en deuil, les Lindbergh
s'exilèrent en Europe en décembre 1935. Admirateur de l'armée allemande,
il fut décoré par Hermann Göring en 1938 puis, de retour au États-Unis,
partisan de la neutralité américaine au début de la guerre. Démissionnant
de la réserve, il devait cependant changer d'avis après l'attaque de Pearl
Harbour et assura une cinquantaine de missions aériennes dans le
Pacifique.
Prix Pulitzer
Après la Seconde Guerre mondiale, devenu consultant pour la compagnie
aérienne PanAm, il narra sa célèbre traversée dans un livre, The Spirit of
St.Louis, qui lui valut le prix Pulitzer. Réhabilité, réintégré dans
l'armée américaine au grade de général de brigade, il consacra son temps à
la défense de la nature, condamnant notamment les transports
supersoniques.
Le repli
De 1957 jusqu'à sa mort en 1974, Lindbergh eut une relation de 24 ans sa
cadette, une chapelière allemande nommée Brigitte Hesshaimer. Ils eurent
ensemble trois enfants : Dyrk (né en 1958), Astrid et David (nés en 1967).
Les deux amants maintinrent leur relation dans une totale confidentialité
; même les enfants ne surent la véritable identité de leur père, qu'ils
ont rencontré sporadiquement lors de ses visites. Astrid lut plus tard un
article de magazine sur Lindbergh et trouva des clichés ainsi que plus
d'une centaine de lettres de sa main pour sa mère. Elle rendit l'affaire
publique en 2003, deux ans après le décès de Brigitte Hesshaimer.
Lindbergh passa les dernières années de sa vie sur l'île hawaïenne de Maui,
où il décéda d'un cancer de la moelle épinière le 26 août 1974. Son corps
fut incinéré, puis ses cendres dispersées autour de l'église de Palapala
Ho'omau.
Anecdotes sur son exploit
Lindbergh raconte dans ses mémoires qu'il du lutter contre le sommeil. À
plusieurs reprises, il se réveilla quand le train d'atterrissage touchait
les vagues.
Il avait embarqué, en tout et pour tout, 2 000 litres d'essence, 2
sandwichs et de 2 barres de chocolat.
À la foule qui l'accueillit lors de son atterrissage au Bourget, il se
contenta de répondre : « Well, I did it !» (Bien, je l'ai fait !). Pendant
ce temps-là, les collectionneurs de souvenirs déchiraient des morceaux de
toile de l'avion ...

Jean
Mermoz
Né le 9 décembre
1901, Jean Mermoz était épris de liberté depuis sa plus tendre
enfance.
Il se voyait écrivain ou sculpteur!
Agé de 19 ans, et face à la faillite de ses premières passions, il
s’engage dans l’aviation.
Doué, avec un demi baccalauréat dans sa poche, il décroche le brevet
de pilote en 12 mois.
Mermoz découvre alors sa voie et sa raison de vivre lors de sa
mission syrienne (600 heures de vol en 18 mois !).
Rentré à Paris, il attendra dans la misère le rendez-vous avec son
destin jusqu’au 28 septembre 1924, date à laquelle il reçoit une
proposition d'engagement de la Compagnie Latécoère.
L'essai de Mermoz sera transformé deux mois plus tard avec un vol
aller-retour Toulouse/Barcelone/Alicante/ Malaga/ Gibraltar/Larrache/Rabat.
En 1925, Mermoz assure la liaison Barcelone/Malaga.
L'année suivante, sur un Breguet 14 et accompagné par Ataf son
interprète maure, il prend en charge le courrier sur la liaison
Casablanca/Dakar. Le 21 mai 1926, ils sont perdus au milieu du
désert avec 4 litres d’eau et quelques boites de sardines à la suite
d’un atterrissage forcé.
Après deux jours de marche désespérée, Mermoz rencontre les Maures
qui le font prisonnier et l’échangent finalement contre une rançon
de 1.000 pesetas.
En 1927, Jean Mermoz est dépêché par Pierre Latécoère à Rio de
Janeiro comme chef pilote.
Objectif : développer de nouvelles liaisons en Amérique du Sud.
En trois années, après avoir quotidiennement frôlé la mort et vaincu
la Cordillère des Andes, Jean Mermoz avait réussi ce challenge.
Le 30 janvier 1930, il quittait l'Amérique du Sud et laissait la
responsabilité des lignes à ses amis: le Brésil à Etienne, le
Paraguay à Reine, la Cordillère des Andes à Guillaumet et la
Patagonie à Saint-Exupéry ...
De retour en France, Mermoz n'avait plus qu'une obsession, traverser
l'Atlantique Sud.
Le 12 mai 1930, il réussit le premier vol entre Saint-Louis et Natal
sur un hydravion Laté 28, le «Comte de la Vaulx».
Mais il faudra attendre 1933 pour qu'un avion moderne, le Couzinet
70 « Arc en Ciel », fasse faire un pas de géant à l'aéronautique
mondiale.
Parti le 12 janvier 1933 de l'aérodrome de Paris-Le Bourget, Mermoz
arrivait le 17 à Buenos Aires, en Argentine.
Le retour à Paris fut une formalité et un triomphe total.
Jean Mermoz venait d'inventer le métier de pilote de ligne.
Il disparut au dessus de l'Atlantique le 7 décembre 1936 aux
commandes de l'avion:
« Croix du Sud »

Antoine de Saint-Exupéry

C ’est le 29 Juin 1900 que naît à Lyon Antoine de
Saint-Exupéry. L’année suivante c’est Jean Mermoz qui vient au monde,
quelques mois plus tard ce sera Henri Guillaumet.
Tous les trois, grâce à l’aviation, deviendront des personnages de
légendes alors que, constatation surprenante, en 1900 l’aviation
n’existe pas encore puisque ce n’est que le 18 décembre 1903 que les
frères Wright réussiront leur premier vol.
En 1912, voler est l’apanage de ceux qu’on nomme encore les
"Aventuriers du Ciel" et rarissimes leurs passagers. Pourtant en juillet
de cette année-là un petit garçon de 12 ans reçoit son baptême de l’air
à Ambérieu. Il s’appelle Antoine de Saint-Exupéry.
Ses études secondaires terminées, il sera admissible à Navale mais
renonce à faire carrière dans la marine.
C'est le début de
l'aéropostale...
Saint-Ex décide d’y présenter sa candidature. Il est reçu à Montaudran
par Didier Daurat.
Son carnet de vol était mince observe Daurat, toute sa personne
évoquait le rêveur plus que l’homme d’action. Et pourtant il l’embauche.
Entré le 14 octobre 1926, il va d’abord voler entre Toulouse et
Casablanca. Mais c’est à Cap-Juby où il est nommé chef d’aéroplace que
sa carrière va prendre un tournant décisif. C’est à Cap-Juby qu’il
écrira «Courrier Sud» et en 1931 c’est la sortie de «Vol de Nuit» qui
obtiendra la même année le Prix Femina.
Il a quitté la Cie et se consacre à l’écriture rédigeant de nombreux
articles, prononçant des conférences et aussi déposant un certain nombre
de brevets d’invention, mais en 1935, la passion de sa vie le reprend,
il revient au pilotage.
A bord d’un Simoun il va tenter de battre le record sur Paris Saïgon
mais dans la nuit du 29 au 30 décembre 1935 il s’écrasera dans le désert
avant d’atteindre Le Caire.
Il va s’acheter un second Simoun, accomplira un voyage de prospection
de 15.000 km à travers l’Afrique pour Air-France et lors de sa tentative
de raid New York Terre de Feu s’écrase au décollage du Guatemala. Il
sera grièvement blessé.
1939, la guerre éclate, mobilisé avec le grade de capitaine d’abord
refusé à la visite médicale, il réussit à se faire affecter au groupe II
sur Potez 63. Et c’est le 14 décembre 39 qu’il recevra le grand prix du
roman attribué à «Terre des Hommes».
Après juin 40, il rejoint les USA. Installé à New York, il y écrira ses
oeuvres les plus marquantes : «Pilote de Guerre», «Lettre à un otage» et
le célèbre «Petit Prince».
Mais les Américains sont entrés dans la guerre et en 1943 arrive à
New York la mission militaire du Général Bethouard chargé de recruter
parmi les résistants français aux USA ceux qui sont volontaires pour
reprendre le combat.
Saint-Exupéry sera parmi les premiers à répondre à son appel. Malgré ses
42 ans, à force de ténacité, il réussira à se faire qualifier sur
lightning P 38 et basé en Corse il accomplira 10 missions de guerre.
De la 10ème il ne reviendra pas.
Comme l’a écrit Didier Daurat il a disparu.... au milieu des étoiles
comme le Petit Prince.
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